Le Sesterce de Galba

  • pier2

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    Francia

    Une pièce romaine entre histoire et mystère (partie 1/3)

    Bonjour à tous,

    Imaginez tenir entre vos mains une pièce de bronze vieillie par les siècles, portant le portrait sévère de l’empereur Galba, l’un des quatre empereurs de l’année 68–69 ap. J.-C. Ce sesterce, aussi authentique qu’il paraisse, cache un secret : il pourrait s’agir d’une réplique de la Renaissance, frappée quatorze siècles plus tard par un artiste italien de génie, Giovanni Cavino, surnommé "le Padovanino".
    Ce sesterce est bien plus qu’un simple objet monétaire. Il incarne la passion des humanistes pour l’Antiquité et le talent d’un graveur qui a su tromper même les experts. Plongeons dans l’histoire de cette pièce fascinante.

    Description du sesterce
    - Avers : Le portrait d’un empereur éphémère
    Buste lauré de Servius Sulpicius Galba, tourné à droite. Son visage, marqué par l’âge (il avait 70 ans en montant sur le trône), affiche un nez aquilin, des lèvres minces et une expression austère, typique des portraits romains du Iᵉʳ siècle.
    Légende : IMP SER GALBA CAESAR AVG TR POT
    - IMP : Imperator (commandant suprême)
    - SER : Servius (son prénom)
    - GALBA CAESAR : Son nom et son titre de César
    - AVG : Augustus (empereur)
    - TR POT : Tribunicia Potestas (pouvoir tribunicien)
    Cette légende reflète le court règne de Galba (juin 68 – janvier 69), pendant lequel il tenta de restaurer la discipline romaine après Néron.

    - Revers : L’adlocutio, un symbole de légitimité
    Scène : Galba, debout à droite et vêtu de la toge, reçoit l’hommage de trois soldats qui lui présentent quatre enseignes militaires (aigles et étendards). Cette scène, appelée adlocutio, représente un discours aux troupes.
    Légende : ADLOCVT (ou ADLOCUT)
    Cette iconographie souligne son besoin de légitimer son pouvoir auprès de l’armée, essentielle pour un empereur acclamé par les légions.

    Galba : L’empereur qui voulut sauver Rome :

    Galba, né en 3 av. J.-C., était un général expérimenté sous Caligula et Néron. En juin 68, alors que Néron se suicide, Galba est proclamé empereur par les légions d’Espagne. Il entre à Rome en octobre 68, mais son règne est marqué par :
    • Une austérité excessive : Il réduit les dépenses et annule les dons de Néron, s’aliénant le peuple et les soldats.
    • Un manque de charisme : Contrairement à Néron, Galba n’a ni charme ni sens du spectacle. Suétone le décrit comme "un homme plus craint que aimé".
    • Une fin tragique : En janvier 69, il est assassiné par la garde prétorienne, qui préfère Othon. Son règne n’a duré que sept mois, faisant de lui le premier des quatre empereurs de l’année 69.
    Un monnayage rare et symbolique
    Les pièces frappées sous Galba sont extrêmement rares. Ses sesterces, en particulier, sont très recherchés pour :
    • Leur valeur historique : Ils témoignent d’une période de transition cruciale.
    • Leur iconographie : Les motifs comme l’adlocutio soulignent son besoin de soutien militaire.
    • Leur rareté : Peu d’exemplaires ont survécu, ce qui en fait des pièces extrêmement cotées (un original peut se vendre plusieurs dizaines de milliers d’euros).

    À suivre demain...
    Dans la deuxième partie, nous découvrirons Giovanni Cavino, dit "le Padovanino", l’artiste de la Renaissance qui a reproduit cette pièce avec un talent tel qu’il a trompé des générations de numismates. Comment a-t-il réalisé ces répliques ? Pourquoi Galba était-il un sujet de prédilection ? Réponse demain !

    Bonne lecture, Pierre :hello:
  • walburge_collection

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    Bélgica

    Une pièce romaine entre histoire et mystère (partie 1/3)

    Bonjour à tous,

    Imaginez tenir entre vos mains une pièce de bronze vieillie par les siècles, portant le portrait sévère de l’empereur Galba, l’un des quatre empereurs de l’année 68–69 ap. J.-C. Ce sesterce, aussi authentique qu’il paraisse, cache un secret : il pourrait s’agir d’une réplique de la Renaissance, frappée quatorze siècles plus tard par un artiste italien de génie, Giovanni Cavino, surnommé "le Padovanino".
    Ce sesterce est bien plus qu’un simple objet monétaire. Il incarne la passion des humanistes pour l’Antiquité et le talent d’un graveur qui a su tromper même les experts. Plongeons dans l’histoire de cette pièce fascinante.

    Description du sesterce
    - Avers : Le portrait d’un empereur éphémère
    Buste lauré de Servius Sulpicius Galba, tourné à droite. Son visage, marqué par l’âge (il avait 70 ans en montant sur le trône), affiche un nez aquilin, des lèvres minces et une expression austère, typique des portraits romains du Iᵉʳ siècle.
    Légende : IMP SER GALBA CAESAR AVG TR POT
    - IMP : Imperator (commandant suprême)
    - SER : Servius (son prénom)
    - GALBA CAESAR : Son nom et son titre de César
    - AVG : Augustus (empereur)
    - TR POT : Tribunicia Potestas (pouvoir tribunicien)
    Cette légende reflète le court règne de Galba (juin 68 – janvier 69), pendant lequel il tenta de restaurer la discipline romaine après Néron.

    - Revers : L’adlocutio, un symbole de légitimité
    Scène : Galba, debout à droite et vêtu de la toge, reçoit l’hommage de trois soldats qui lui présentent quatre enseignes militaires (aigles et étendards). Cette scène, appelée adlocutio, représente un discours aux troupes.
    Légende : ADLOCVT (ou ADLOCUT)
    Cette iconographie souligne son besoin de légitimer son pouvoir auprès de l’armée, essentielle pour un empereur acclamé par les légions.

    Galba : L’empereur qui voulut sauver Rome :

    Galba, né en 3 av. J.-C., était un général expérimenté sous Caligula et Néron. En juin 68, alors que Néron se suicide, Galba est proclamé empereur par les légions d’Espagne. Il entre à Rome en octobre 68, mais son règne est marqué par :
    • Une austérité excessive : Il réduit les dépenses et annule les dons de Néron, s’aliénant le peuple et les soldats.
    • Un manque de charisme : Contrairement à Néron, Galba n’a ni charme ni sens du spectacle. Suétone le décrit comme "un homme plus craint que aimé".
    • Une fin tragique : En janvier 69, il est assassiné par la garde prétorienne, qui préfère Othon. Son règne n’a duré que sept mois, faisant de lui le premier des quatre empereurs de l’année 69.
    Un monnayage rare et symbolique
    Les pièces frappées sous Galba sont extrêmement rares. Ses sesterces, en particulier, sont très recherchés pour :
    • Leur valeur historique : Ils témoignent d’une période de transition cruciale.
    • Leur iconographie : Les motifs comme l’adlocutio soulignent son besoin de soutien militaire.
    • Leur rareté : Peu d’exemplaires ont survécu, ce qui en fait des pièces extrêmement cotées (un original peut se vendre plusieurs dizaines de milliers d’euros).

    À suivre demain...
    Dans la deuxième partie, nous découvrirons Giovanni Cavino, dit "le Padovanino", l’artiste de la Renaissance qui a reproduit cette pièce avec un talent tel qu’il a trompé des générations de numismates. Comment a-t-il réalisé ces répliques ? Pourquoi Galba était-il un sujet de prédilection ? Réponse demain !

    Bonne lecture, Pierre :hello:
    Bonsoir Pierre et merci pour ce très bel article ! Beaucoup de ces répliques appelée des Padouans était réalisées sur demande de riches collectionneurs du 16e siècle qui ne pouvaient se procurer les originales. Pas parce qu'elles étaient chères mais tout simplement parce qu'on ne les trouvaient plus ! Il y a environ 20 ans je me suis amuser à collectionner environ 60 Padouans différents et ils étaient plus difficiles à trouver que les vrais. Amicalement :beer: Yves
  • pier2

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    Francia

    Bonsoir Pierre et merci pour ce très bel article ! Beaucoup de ces répliques appelée des Padouans était réalisées sur demande de riches collectionneurs du 16e siècle qui ne pouvaient se procurer les originales. Pas parce qu'elles étaient chères mais tout simplement parce qu'on ne les trouvaient plus ! Il y a environ 20 ans je me suis amuser à collectionner environ 60 Padouans différents et ils étaient plus difficiles à trouver que les vrais. Amicalement :beer: Yves
    Bonjour Yves,
    Merci pour ton appréciation, ce soir dans la partie 2/3, nous découvrirons le faussaire de génie "Giovanni Cavino" originaire de Padoue (Padova en italien), la ville où il a passé une grande partie de sa vie, d’où le surnom "Padouan". ;)
    Bonne journée.
    Pierre
  • ranas

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    Francia

    Bonjour Yves,
    Merci pour ton appréciation, ce soir dans la partie 2/3, nous découvrirons le faussaire de génie "Giovanni Cavino" originaire de Padoue (Padova en italien), la ville où il a passé une grande partie de sa vie, d’où le surnom "Padouan". ;)
    Bonne journée.
    Pierre
    Bonjour, toujours très agréable à vous lire, merci pour vos études.
  • pier2

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    Francia

    Bonjour, toujours très agréable à vous lire, merci pour vos études.
    Bonjour et merci pour vos encouragements ranas,
    Les deux deux dernières parties de cette étude particulière devraient également vous intéresser. :yes:
    A ce soir pour lire la suite.
    Pierre
  • pier2

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    Francia

    Giovanni Cavino, dit "le Padovanino" : Le graveur qui a trompé l’Histoire (Partie 2/3) :question:

    Rappel : Une pièce mystérieuse
    Hier, nous avons découvert le sesterce de Galba, une pièce romaine rare, frappée pendant le court règne de l’empereur en 68–69 ap. J.-C. Mais cette pièce cache un secret : elle pourrait bien être l’œuvre d’un artiste de la Renaissance, Giovanni Cavino, surnommé "le Padovanino". Aujourd’hui, explorons la vie et l’art de ce graveur exceptionnel.

    Giovanni Cavino (1500–1570) peut être considéré comme un artiste de la Renaissance. :yes:
    Il est l’un des plus célèbres graveurs et médaillistes de la Renaissance italienne. Originaire de Padoue (Padova en italien), il y a passé une grande partie de sa vie, d’où son surnom :
    • "Padovano" = de Padoue.
    • "-ino" = suffixe diminutif ou affectif (comme "petit" ou "cher" en français).
    • "Padovanino" = "Le petit Padouan" ou simplement "le Padouan", un surnom qui souligne à la fois son origine et son talent.
    Cavino a travaillé principalement pour des collectionneurs passionnés d’Antiquité, comme Fulvio Orsini ou Andrea Loredan, qui cherchaient à reconstituer les trésors monétaires de Rome et de Grèce.

    Un faussaire de génie. :applause:
    Cavino n’était pas un simple copiste : c’était un virtuose qui maîtrisait à la perfection les techniques de gravure et de frappe des monnaies antiques. Ses répliques étaient si fidèles qu’elles ont trompé des générations de numismates.
    Galba était un sujet de prédilection pour Cavino pour plusieurs raisons :
    1. La rareté des originaux : Peu de sesterces de Galba ont survécu, ce qui en faisait une cible idéale pour les collectionneurs.
    2. L’intérêt historique : L’année 68–69, avec ses quatre empereurs, fascinait les humanistes de la Renaissance. Ils y voyaient un miroir de leur propre époque, marquée par des guerres et des changements de pouvoir en Italie.
    3. La demande des mécènes : Les collectionneurs comme Orsini voulaient posséder des pièces de tous les empereurs romains, même les plus éphémères.
    Aujourd’hui, les répliques de Cavino sont recherchées pour leur valeur artistique et historique. Elles sont considérées comme des œuvres d’art à part entière, et non plus comme de simples contrefaçons. Un sesterce de Galba par Cavino peut se vendre entre 1 500 et 3 000 €, selon son état et sa rareté.


    À suivre demain...
    Dans la troisième et dernière partie, nous verrons comment authentifier une pièce de Cavino et pourquoi ces répliques restent si fascinantes pour les numismates et les amateurs d’histoire. Ne la manquez pas !

    « L’art de la Renaissance a sauvé l’Antiquité de l’oubli. »
    Bonne lecture. Pierre :hello:
  • walburge_collection

    1568 mensajes

    Bélgica

    Giovanni Cavino, dit "le Padovanino" : Le graveur qui a trompé l’Histoire (Partie 2/3) :question:

    Rappel : Une pièce mystérieuse
    Hier, nous avons découvert le sesterce de Galba, une pièce romaine rare, frappée pendant le court règne de l’empereur en 68–69 ap. J.-C. Mais cette pièce cache un secret : elle pourrait bien être l’œuvre d’un artiste de la Renaissance, Giovanni Cavino, surnommé "le Padovanino". Aujourd’hui, explorons la vie et l’art de ce graveur exceptionnel.

    Giovanni Cavino (1500–1570) peut être considéré comme un artiste de la Renaissance. :yes:
    Il est l’un des plus célèbres graveurs et médaillistes de la Renaissance italienne. Originaire de Padoue (Padova en italien), il y a passé une grande partie de sa vie, d’où son surnom :
    • "Padovano" = de Padoue.
    • "-ino" = suffixe diminutif ou affectif (comme "petit" ou "cher" en français).
    • "Padovanino" = "Le petit Padouan" ou simplement "le Padouan", un surnom qui souligne à la fois son origine et son talent.
    Cavino a travaillé principalement pour des collectionneurs passionnés d’Antiquité, comme Fulvio Orsini ou Andrea Loredan, qui cherchaient à reconstituer les trésors monétaires de Rome et de Grèce.

    Un faussaire de génie. :applause:
    Cavino n’était pas un simple copiste : c’était un virtuose qui maîtrisait à la perfection les techniques de gravure et de frappe des monnaies antiques. Ses répliques étaient si fidèles qu’elles ont trompé des générations de numismates.
    Galba était un sujet de prédilection pour Cavino pour plusieurs raisons :
    1. La rareté des originaux : Peu de sesterces de Galba ont survécu, ce qui en faisait une cible idéale pour les collectionneurs.
    2. L’intérêt historique : L’année 68–69, avec ses quatre empereurs, fascinait les humanistes de la Renaissance. Ils y voyaient un miroir de leur propre époque, marquée par des guerres et des changements de pouvoir en Italie.
    3. La demande des mécènes : Les collectionneurs comme Orsini voulaient posséder des pièces de tous les empereurs romains, même les plus éphémères.
    Aujourd’hui, les répliques de Cavino sont recherchées pour leur valeur artistique et historique. Elles sont considérées comme des œuvres d’art à part entière, et non plus comme de simples contrefaçons. Un sesterce de Galba par Cavino peut se vendre entre 1 500 et 3 000 €, selon son état et sa rareté.


    À suivre demain...
    Dans la troisième et dernière partie, nous verrons comment authentifier une pièce de Cavino et pourquoi ces répliques restent si fascinantes pour les numismates et les amateurs d’histoire. Ne la manquez pas !

    « L’art de la Renaissance a sauvé l’Antiquité de l’oubli. »
    Bonne lecture. Pierre :hello:
    Superbe article faisant suite à celui d'hier Pierre ! Lorsque j'avais ma collection de Padouans j'ai très bien observer que ce grand faussaire introduisait toujours un petit quelque chose , une petite "virgule" , un petit détail dans ses faux afin que lui puisse les reconnaitre ! Et fatalement après beaucoup d'observations il est alors facile de faire des études comparatives des coins. Merci et bon week-end. Yves
  • ranas

    132 mensajes

    Francia

    Giovanni Cavino, dit "le Padovanino" : Le graveur qui a trompé l’Histoire (Partie 2/3) :question:

    Rappel : Une pièce mystérieuse
    Hier, nous avons découvert le sesterce de Galba, une pièce romaine rare, frappée pendant le court règne de l’empereur en 68–69 ap. J.-C. Mais cette pièce cache un secret : elle pourrait bien être l’œuvre d’un artiste de la Renaissance, Giovanni Cavino, surnommé "le Padovanino". Aujourd’hui, explorons la vie et l’art de ce graveur exceptionnel.

    Giovanni Cavino (1500–1570) peut être considéré comme un artiste de la Renaissance. :yes:
    Il est l’un des plus célèbres graveurs et médaillistes de la Renaissance italienne. Originaire de Padoue (Padova en italien), il y a passé une grande partie de sa vie, d’où son surnom :
    • "Padovano" = de Padoue.
    • "-ino" = suffixe diminutif ou affectif (comme "petit" ou "cher" en français).
    • "Padovanino" = "Le petit Padouan" ou simplement "le Padouan", un surnom qui souligne à la fois son origine et son talent.
    Cavino a travaillé principalement pour des collectionneurs passionnés d’Antiquité, comme Fulvio Orsini ou Andrea Loredan, qui cherchaient à reconstituer les trésors monétaires de Rome et de Grèce.

    Un faussaire de génie. :applause:
    Cavino n’était pas un simple copiste : c’était un virtuose qui maîtrisait à la perfection les techniques de gravure et de frappe des monnaies antiques. Ses répliques étaient si fidèles qu’elles ont trompé des générations de numismates.
    Galba était un sujet de prédilection pour Cavino pour plusieurs raisons :
    1. La rareté des originaux : Peu de sesterces de Galba ont survécu, ce qui en faisait une cible idéale pour les collectionneurs.
    2. L’intérêt historique : L’année 68–69, avec ses quatre empereurs, fascinait les humanistes de la Renaissance. Ils y voyaient un miroir de leur propre époque, marquée par des guerres et des changements de pouvoir en Italie.
    3. La demande des mécènes : Les collectionneurs comme Orsini voulaient posséder des pièces de tous les empereurs romains, même les plus éphémères.
    Aujourd’hui, les répliques de Cavino sont recherchées pour leur valeur artistique et historique. Elles sont considérées comme des œuvres d’art à part entière, et non plus comme de simples contrefaçons. Un sesterce de Galba par Cavino peut se vendre entre 1 500 et 3 000 €, selon son état et sa rareté.


    À suivre demain...
    Dans la troisième et dernière partie, nous verrons comment authentifier une pièce de Cavino et pourquoi ces répliques restent si fascinantes pour les numismates et les amateurs d’histoire. Ne la manquez pas !

    « L’art de la Renaissance a sauvé l’Antiquité de l’oubli. »
    Bonne lecture. Pierre :hello:
    Dans l'attente de la troisième partie.
    Bonne soirée
    Monique
  • pier2

    16363 mensajes

    Francia

    Bonsoir,
    Comment authentifier une pièce de Cavino ? Guide et conclusion (Partie 3/3)

    Rappel des épisodes précédents
    Dans les deux premières parties ci-dessus, nous avons exploré :
    1. Le sesterce de Galba : une pièce romaine rare, frappée pendant le court règne de l’empereur en 68–69 ap. J.-C.
    2. Giovanni Cavino, dit "le Padovanino" : l’artiste de la Renaissance qui a reproduit cette pièce avec un talent exceptionnel.
    Aujourd’hui, découvrons comment reconnaître une réplique de Cavino et pourquoi ces pièces restent si captivantes. :veryhappy:

    Si vous possédez une pièce similaire à celle décrite, voici 5 indices pour l’attribuer à Cavino :
    1/Le style du portrait
    • Les yeux en amande et les sourcils très marqués sont typiques de Cavino.
    • Les drapés (sur la toge de Galba ou les vêtements des soldats) sont très détaillés, presque sculpturaux.
    2/Les légendes
    • Cavino utilise parfois des abréviations différentes de celles des originaux (ex. : TR POT au lieu de TR P).
    • La présence d’un C ou d’un P (pour Padova) est un bon indice.
    3/Le métal et le poids
    • Une pièce de Cavino est souvent plus légère qu’un sesterce antique (15–20 g contre 25–30 g).
    • Le métal peut être un laiton (alliage de cuivre et de zinc) plutôt qu’un bronze antique.
    4/La patine
    • Les répliques de Cavino ont une patine artificielle, souvent plus uniforme et moins profonde que celle des pièces antiques.
    5/Les outils de l’expert
    • Utilisez une loupe pour examiner les détails (les pièces de Cavino ont des gravures très nettes).

    Pourquoi cette pièce est-elle si fascinante ?
    Ce sesterce de Galba par Cavino est bien plus qu’un simple objet de collection. Il représente un pont entre deux époques : Il lie l’Antiquité romaine à la Renaissance italienne, deux périodes marquées par des bouleversements politiques et culturels.
    • Le génie d’un artiste : Cavino a su capturer l’esprit des monnaies antiques tout en y ajoutant sa propre touche artistique.
    • L’histoire de la numismatique : Cette pièce illustre comment les collectionneurs de la Renaissance ont redécouvert et préservé le patrimoine antique.
    En tenant cette pièce dans vos mains, vous tenez un morceau d’histoire qui a traversé les siècles, des légions romaines aux cabinets de curiosités de la Renaissance.

    Ouvrages de référence
    • "The Paduan Coin Medals" – George F. Hill (1920) : Le catalogue de référence des œuvres de Cavino.
    • "Roman Imperial Coins" – David Sear : Pour identifier les monnayages des empereurs romains.

    Conclusion : Une pièce, deux histoires
    Le sesterce de Galba par Giovanni Cavino est un objet hybride, à la fois romain et renaissant, historique et artistique. Il nous rappelle que l’histoire ne se limite pas aux grands événements ou aux personnages célèbres : elle se cache aussi dans les détails d’une pièce de monnaie, dans le travail d’un graveur oublié, et dans la passion des collectionneurs qui, siècle après siècle, ont préservé ces trésors.
    Que vous soyez un numismate aguerri ou simplement un amateur d’histoire, cette pièce a de quoi vous captiver. Et maintenant que vous savez la reconnaître, peut-être découvrirez-vous, vous aussi, un nouveau chapitre de son histoire...
    Fin de la série
    Merci d’avoir suivi cette exploration en trois parties. Si vous avez des questions ou des commentaires, n’hésitez pas à les partager !
    Pierre :d-happy:
    « Les monnaies sont les archives les plus parlantes de l’histoire. » — Théodore Mommsen
  • pier2

    16363 mensajes

    Francia

    Un lien pour redécouvrir l'historien Theodor Mommsen : Vinculo (https)
  • pier2

    16363 mensajes

    Francia

    Bonjour,
    Giovanni Cavino (1500–1570), dit le Padovanino, fut l’un des plus grands médaillistes de la Renaissance italienne. Issu d’une famille d’orfèvres de Padoue (son père Bartolomeo et son frère Battista exercèrent le même métier), ce virtuose, formé dans l’art du métal, se consacra à la gravure de coins monétaires avec un talent si exceptionnel qu’il devint le maître incontesté des répliques antiques.
    Collaborant avec l’humaniste Alessandro Bassiano, avec qui il forma le duo légendaire des "Pères des Padouans", il travailla pour les plus grands mécènes de son temps, de Charles Quint au pape Jules III, tout en créant des médailles pour des cardinaux, des nobles et des intellectuels comme Fracastoro.
    Longtemps considéré comme un contrefacteur, Cavino est aujourd’hui réhabilité. :yes:
    Ses répliques n’étaient pas destinées à tromper, mais à combler un vide. Je le répète les collectionneurs de la Renaissance voulaient posséder des pièces de tous les empereurs romains, mais beaucoup étaient introuvables (comme celles de Galba). Ses sesterces et médailles, d’une finesse inégalée, comblaient le vide des collections de la Renaissance en recréant des pièces antiques disparues, avec une telle maîtrise que 120 de ses coins originaux sont aujourd’hui conservés à la Bibliothèque nationale de France.
    Enterré à Padoue en 1570, son héritage, réhabilité par Vasari et les numismates modernes, en fait un pont audacieux entre l’Antiquité et la Renaissance, dont les œuvres, recherchées pour leur beauté et leur rareté, sont désormais admirées comme des chefs-d’œuvre à part entière.

    Fin de l'histoire. Pierre
  • ranas

    132 mensajes

    Francia

    Bonjour,
    Giovanni Cavino (1500–1570), dit le Padovanino, fut l’un des plus grands médaillistes de la Renaissance italienne. Issu d’une famille d’orfèvres de Padoue (son père Bartolomeo et son frère Battista exercèrent le même métier), ce virtuose, formé dans l’art du métal, se consacra à la gravure de coins monétaires avec un talent si exceptionnel qu’il devint le maître incontesté des répliques antiques.
    Collaborant avec l’humaniste Alessandro Bassiano, avec qui il forma le duo légendaire des "Pères des Padouans", il travailla pour les plus grands mécènes de son temps, de Charles Quint au pape Jules III, tout en créant des médailles pour des cardinaux, des nobles et des intellectuels comme Fracastoro.
    Longtemps considéré comme un contrefacteur, Cavino est aujourd’hui réhabilité. :yes:
    Ses répliques n’étaient pas destinées à tromper, mais à combler un vide. Je le répète les collectionneurs de la Renaissance voulaient posséder des pièces de tous les empereurs romains, mais beaucoup étaient introuvables (comme celles de Galba). Ses sesterces et médailles, d’une finesse inégalée, comblaient le vide des collections de la Renaissance en recréant des pièces antiques disparues, avec une telle maîtrise que 120 de ses coins originaux sont aujourd’hui conservés à la Bibliothèque nationale de France.
    Enterré à Padoue en 1570, son héritage, réhabilité par Vasari et les numismates modernes, en fait un pont audacieux entre l’Antiquité et la Renaissance, dont les œuvres, recherchées pour leur beauté et leur rareté, sont désormais admirées comme des chefs-d’œuvre à part entière.

    Fin de l'histoire. Pierre
    Bonjour Pierre, superbe histoire, un grand plaisir de vous lire, merci beaucoup et très bonne journée.
  • renaudloelhe1

    1086 mensajes

    Francia

    Bonsoir,
    Comment authentifier une pièce de Cavino ? Guide et conclusion (Partie 3/3)

    Rappel des épisodes précédents
    Dans les deux premières parties ci-dessus, nous avons exploré :
    1. Le sesterce de Galba : une pièce romaine rare, frappée pendant le court règne de l’empereur en 68–69 ap. J.-C.
    2. Giovanni Cavino, dit "le Padovanino" : l’artiste de la Renaissance qui a reproduit cette pièce avec un talent exceptionnel.
    Aujourd’hui, découvrons comment reconnaître une réplique de Cavino et pourquoi ces pièces restent si captivantes. :veryhappy:

    Si vous possédez une pièce similaire à celle décrite, voici 5 indices pour l’attribuer à Cavino :
    1/Le style du portrait
    • Les yeux en amande et les sourcils très marqués sont typiques de Cavino.
    • Les drapés (sur la toge de Galba ou les vêtements des soldats) sont très détaillés, presque sculpturaux.
    2/Les légendes
    • Cavino utilise parfois des abréviations différentes de celles des originaux (ex. : TR POT au lieu de TR P).
    • La présence d’un C ou d’un P (pour Padova) est un bon indice.
    3/Le métal et le poids
    • Une pièce de Cavino est souvent plus légère qu’un sesterce antique (15–20 g contre 25–30 g).
    • Le métal peut être un laiton (alliage de cuivre et de zinc) plutôt qu’un bronze antique.
    4/La patine
    • Les répliques de Cavino ont une patine artificielle, souvent plus uniforme et moins profonde que celle des pièces antiques.
    5/Les outils de l’expert
    • Utilisez une loupe pour examiner les détails (les pièces de Cavino ont des gravures très nettes).

    Pourquoi cette pièce est-elle si fascinante ?
    Ce sesterce de Galba par Cavino est bien plus qu’un simple objet de collection. Il représente un pont entre deux époques : Il lie l’Antiquité romaine à la Renaissance italienne, deux périodes marquées par des bouleversements politiques et culturels.
    • Le génie d’un artiste : Cavino a su capturer l’esprit des monnaies antiques tout en y ajoutant sa propre touche artistique.
    • L’histoire de la numismatique : Cette pièce illustre comment les collectionneurs de la Renaissance ont redécouvert et préservé le patrimoine antique.
    En tenant cette pièce dans vos mains, vous tenez un morceau d’histoire qui a traversé les siècles, des légions romaines aux cabinets de curiosités de la Renaissance.

    Ouvrages de référence
    • "The Paduan Coin Medals" – George F. Hill (1920) : Le catalogue de référence des œuvres de Cavino.
    • "Roman Imperial Coins" – David Sear : Pour identifier les monnayages des empereurs romains.

    Conclusion : Une pièce, deux histoires
    Le sesterce de Galba par Giovanni Cavino est un objet hybride, à la fois romain et renaissant, historique et artistique. Il nous rappelle que l’histoire ne se limite pas aux grands événements ou aux personnages célèbres : elle se cache aussi dans les détails d’une pièce de monnaie, dans le travail d’un graveur oublié, et dans la passion des collectionneurs qui, siècle après siècle, ont préservé ces trésors.
    Que vous soyez un numismate aguerri ou simplement un amateur d’histoire, cette pièce a de quoi vous captiver. Et maintenant que vous savez la reconnaître, peut-être découvrirez-vous, vous aussi, un nouveau chapitre de son histoire...
    Fin de la série
    Merci d’avoir suivi cette exploration en trois parties. Si vous avez des questions ou des commentaires, n’hésitez pas à les partager !
    Pierre :d-happy:
    « Les monnaies sont les archives les plus parlantes de l’histoire. » — Théodore Mommsen
    Bonjour ! ....cette pièce a de quoi vous captiver . Je vous rassure elle y parvient sans difficulté !!! Mais quel serait l'effet sans le talent du conteur !...Nous sommes , je pense , un certain nombre à savourer ces chroniques . Un grand merci .Bien cordialement . :hello:RL
  • pier2

    16363 mensajes

    Francia

    Bonjour Pierre, superbe histoire, un grand plaisir de vous lire, merci beaucoup et très bonne journée.
    Bonjour Monique,
    Encore une fois merci, c'est gentil de laisser un commentaire. Je suis heureux d'avoir pu vous faire plaisir. :rose:
    Très bonne journée également.
    Pierre
  • pier2

    16363 mensajes

    Francia

    Bonjour ! ....cette pièce a de quoi vous captiver . Je vous rassure elle y parvient sans difficulté !!! Mais quel serait l'effet sans le talent du conteur !...Nous sommes , je pense , un certain nombre à savourer ces chroniques . Un grand merci .Bien cordialement . :hello:RL
    Bonjour Renauld,
    Merci pour vos compliments, c'est vrai que le sujet était captivant. Beaucoup de lecture et un résultat en trois épisodes. (pour captiver l'attention des lecteurs). ;)
    Présenter la pièce et raconter la réhabilitation d'un "faussaire devenu Artiste" m'a passionné et je n'avais qu'un seul but, celui de "Partager".
    A bientôt pour d'autres aventures. :hello:
    Pierre :d-happy:
  • walburge_collection

    1568 mensajes

    Bélgica

    Bonjour Monique,
    Encore une fois merci, c'est gentil de laisser un commentaire. Je suis heureux d'avoir pu vous faire plaisir. :rose:
    Très bonne journée également.
    Pierre
    MAGNIFIQUE Pierre ! Superbe épilogue d'un sujet captivant :cool: :cool: :cool: Merci pour tout ton travail de recherche :rose: Bien Amicalement. Yves
  • pier2

    16363 mensajes

    Francia

    MAGNIFIQUE Pierre ! Superbe épilogue d'un sujet captivant :cool: :cool: :cool: Merci pour tout ton travail de recherche :rose: Bien Amicalement. Yves
    Bonsoir et merci Yves, tu es toujours là pour m'aider et m'encourager. C'est gentil. :cool2:
    Bonne soirée.
    Amitiés. Pierre