Masque funéraire en pierre dure, taillé dans une granodiorite à grain serré d’un poli ancien et nuancé, représentant un visage juvénile coiffé d’une perruque en forme de bonnet. Le modelé, d’une cohérence exemplaire avec les ateliers tardifs, révèle des arcades sourcilières douces, des paupières supérieures tendues, des canthus internes incisés avec minutie, une arête nasale droite et des lèvres finement ourlées dessinant un discret sourire. Le poli, plus soutenu sur les zones de relief — pommettes, nez, lèvres —, contraste avec la peau de taille des fonds ponctuée de micro-piquetages réguliers issus du dégrossissage au marteau et à la pointerolle, avant finition abrasive. L’ourlet frontal de la perruque, clairement marqué par un sillon incisé, confirme la rigueur du travail. Un léger éclat antique au sommet du bonnet, désormais stabilisé, atteste de l’ancienneté. Les arêtes présentent de menues usures conformes à la patine générale. Le revers, brut et non scié, montre une cassure antique cristalline où scintillent quartz, feldspaths et biotite — indice indubitable d’une rupture ancienne authentique.
Caractéristiques
Culture / période : Égypte, Basse Époque, vers 664–332 av. J.-C., dans la tradition stylistique de la XXVIe dynastie.
Matériau : granodiorite sombre constellée de paillettes claires de quartz, feldspath et micas bruns.
Dimensions : 16 × 12 cm hors support (22,2 cm environ avec support).
Poids : environ 5 kg (support inclus).
État : excellent, avec patine satinée, rares abrasions anciennes (pointe du nez, bord de perruque), aucune restauration.
Contexte historique
Durant la Basse Époque, les masques de pierre accompagnaient les sarcophages des dignitaires pour exprimer le statut et la pérennité. L’usage de la diorite et de la granodiorite symbolisait la durée, la noblesse et la résistance du corps transfiguré. L’iconographie canonique — regard étiré, bouche sereine, perruque englobante — visait à figer le visage dans une éternité idéalisée.
Analyse formelle et matérielle
Perruque : hémisphérique, régulière, ourlet frontal net ; meurtrissure antique postéro-droite sans fissure active.
Regard : yeux en amande symétriques, paupières supérieures acérées, inférieures pleines, canthus internes creusés en V ; aucune retouche moderne.
Nez et bouche : ligne nasale rectiligne, pointe adoucie par le temps ; lèvres ourlées au sillon labio-mentonnier marqué, conforme au canon saïte.
Surface : alternance de zones polies et de micro-piquetages visibles, absence totale de sciage mécanique moderne.
Minéralogie : matrice sombre piquée de cristaux clairs et d’inclusions brillantes de biotite, confirmant la nature granodioritique.
Revers : cassure irrégulière à éclats cristallins, non émoussée, confirmant une fracture antique.
Ces observations rejoignent les conclusions du rapport géologique de R. L. Bonewitz (TL05402), établissant l’authenticité matérielle et stylistique de l’œuvre.
Valeur culturelle
Pièce d’une rare qualité muséale, exemplaire du canon funéraire tardif et taillée dans une pierre de prestige. La précision du modelé, la lisibilité des procédés de taille et l’intégrité de la surface en font une référence pour toute collection d’art égyptien ancien.
Traçabilité et garanties
Provenance : collection d’un médecin (États-Unis), précédemment collection française ; acquise en 2012 auprès d’une galerie new-yorkaise ; ancienne collection Maurice Nahman (Le Caire, vers 1950), puis par descendance.
Dossier documentaire :
– Recherche Interpol AIAD n° 10900-180444 : négative.
– Rapport géologique R. L. Bonewitz n° TL05402 (pétrographie).
– Licence d’exportation française n° 227349 (cat. 1B).
– Licence d’importation espagnole n° I/1734/2024.
– Rapport technique Dr Alberto Maria Pollastrini.
– Certificat d’authenticité.